L'arrivée du printemps
Mis à part les phénomènes dont nous parlions il y a peu (oui je sais ça tourne à l'obsession) (envoyez-moi du soleil et des températures au-dessus de 10 degrés pour quelques semaines, et on n'en parlera plus), on sent l'arrivée du printemps à tout un tas de petits riens.
LES ODEURS : on a parlé et reparlé des crottes de chien qui, laissées à l'abandon par des propriétaires en train de geler sur place pendant que Médor faisait son besoin par -30, réapparaissent opportunément lorsque la couche de neige qui les recouvrait n'est plus qu'un filet d'eau. On peut aussi parler des détritus genre bombes thermonucléaires à retardement couches de bébé pleines qui sont l'objet du même phénomène. On parle moins de l'odeur des tapis : à l'automne, en prévision de la neige, on recouvre les terrasses et escaliers de tapis de corde pour éviter de se casser la margoulette sur le bois mouillé. Or ces tapis qui datent de Mathusalem mais on le dira à personne attirent immanquablement tous les chats du quartier. Je l'ai vu, le gros matou de la ruelle, tous les matins il venait devant la porte de notre cuisine, faisait son p'tit tour, laissait quelques traces, et repartait. Je vous jure que ça commence à urger grave d'enlever les tapis de sur la terrasse. Histoire qu'on puisse au moins y passer sans se boucher le nez.
LES COULEURS : on a beau baigner dans le gris dégueu (flaques lacs de sloche aux carrefours, milliards de petits cailloux en souvenir des campagnes de déneigement, crasse invraisemblable et généralisée des autos, neige noire (croyez-moi) quand il en reste, herbe inexistante et
gadoue omniprésente dans les parcs quand il n'y en a plus), on voit réapparaître les étals des épiciers et les stocks des fleuristes sur le bord du trottoir. Et mine de rien, ça donne envie d'acheter tous ces ananas, bananes, fraises (oui je sais c'est pas encore la saison, mais on va faire comme si, hein), poireaux, salades, mangues, tomates, carottes, paprikas, kiwis étalés au grand jour.
Sans parler des gerberas, auxquelles je n'ai pas résisté en rentrant de la boulangerie.
LES VOITURES : à Montréal, dès que les températures grimpent au-dessus de 10 degrés, on assiste à deux phénomènes parallèles : d'un côté, les belles décapotables se mettent à fleurir comme des crocus. Toutes rutilantes, elles sortent de leurs 8 mois d'hibernation et se dérouillent la mécanique en fournissant les coiffeurs de la ville en clientes au brushing. De l'autre côté, un peu partout dans la ville on voit des files d'attente de voitures s'allonger, s'allonger, parfois gêner (un peu) le trafic... Qu'attendent-elles, ces autos, vous entends-je demander ? C'est fort simple : elles font la queue... au lave-auto, pour une fois que ça va avoir l'air propre pour un peu plus que 2 jours heures. La semaine dernière, il faisait +8 un matin, et nous avons compté 7 voitures en attente, en plus des 3 certainement déjà à l'intérieur du lave-auto du coin. (Grand bonheur du Dindonneau naturellement, qui s'écrie "Lauter Autos!" sans même se planter dans la prononciation.)
LA POPULATION : quand le soleil pointe le bout de son nez après l'hiver, dans toutes les villes du monde, les gens mettent le leur (nez, pas hiver) dehors aussi, et les rues se peuplent de sympathiques passants qui, le sourire aux lèvres, se réjouissent de l'arrivée des beaux jours et vont parfois même (ô miracle) jusqu'à engager la conversation avec de parfaits inconnus dans la rue, juste parce que. Dans notre quartier, les rues se peuplent, certes, mais de façon différente : tout à coup, toutes les familles juives, innombrables et nombreuses, qui jusque là hibernaient comme tout le monde, renvoient leurs enfants dehors. Les trottoirs sont donc à nouveau encombrés de ballons, voiturettes en plastoc, tricycles, norias de petits garçons à kippa, bouclettes et lunettes, nuées de petites filles à robe et manteau long, et grandes soeurs / mères enturbannées qui surveillent ça de (très) loin, avec au moins un bébé dans les bras chacune. Mais si *le monde* salue l'arrivée du printemps en s'habillant en général de couleurs vives, eux, nonnonnon, ils restent en noir, manches longues et collants, perruques et chapeaux. Ya pas d'raison de changer une équipe qui gagne, hein.
6 caquetages:
Les oiseaux? tu n'en a pas parlé... La ville fait l'opération grand ménage, ça redevient propre. ah oui sans doute que ta rue est la dernière. Et puis le vendeur de crême-glacée de mon coin de rue a réouvert sa boutique! le bonheur de platon surtout qui réussit à en voler aux enfants.
Nous on a fait notre premier barbecue de l'année il y a deux semaines, et mangé dehors avec le soleil qui vient taper dans le dos tout gentillement. Depuis ça s'est nettement rafraichit, mais tout montre que les beaux jours ne sont plus très loin. On pourra bientôt sortir les robes et les jupes, Youki !
J'avais oublié le folklore de ta rue, j'aimerais bien voir ça (c'est beaucoup plus light à Paris), mais est-ce que les enfants peuvent jouer avec les tiens ?
Ici, ce sont les "restaurant-plage" qui rouvrent, et les campings aussi. Pourtant, ce matin, il faisait 3 petits degrés...
ici aussi il fait moyen chaud ces temps-ci, on reste dans la valse-hésitation entre hiver et début de printemps, et crois-moi quand on sort sans Kanuk et qu'en fait il fait quand même -6 le matin, ben, brrr...
greluche, nan mais tu déconnes j'crois bien, tu veux rire ou quoi ? quand ils font mine de s'approcher ou de s'intéresser à un goy, les mères s'empressent de les rappeler à l'ordre, donc mêmes ceux qui sont plutôt gentils et avenants, ils ne risquent pas trop de sortir du troupeau...
bea, des bbq, non mais en fait tu veux juste me faire baver. pour le plaisir. ;)
moukmouk, les zoiseaux, certes, mais moi je les entends pas -- fait encore trop frette pour ouvrir grand les fenêtres ! (par contre oui, je sais qu'ils sont là, ma voiture est pleine de leurs résultats de tests balistiques merdouilleux, hum)
Oui juste pour le plaisir..... huhuhu
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